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 Humanity Is Overrated | Ekaterina
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MessageSujet: Humanity Is Overrated | Ekaterina   Lun 21 Aoû - 20:46

Humanity Is Overrated.
Maxwell
feat.
Ekaterina


 

 



 

 

Beneath the stains of time, the feelings disappear. You are someone else, I am still right here.


La journée était bientôt terminée. Déjà les voitures s’amassaient sur les grands axes, les vélos embêtaient les piétons et les boutiques voyaient partir leurs derniers clients. Quelques grands supermarchés restaient ouverts pour permettre aux retardataires de faire leurs courses. Si vous vous éloignez un peu de la grande ville la plus proche, si vous slalomez sur les petites routes vers un ciel un peu moins gris, vous arriverez dans un endroit plutôt paisible. De longs jardins parsemés de grands arbres dont l’ombre apaisante était un luxe en ces journées de forte chaleur. Les bâtiments étaient dans un style néocolonial et assez proches les uns des autres. Un parking discret s’offrait au visiteur sur un des côtés et, de nombreuses voitures y étaient garés. A l’intérieur du bâtiment principal on sentait la misère. L’endroit n’était ni pauvre, ni délabré, loin de là. Cette impression aussi lourde qu’étouffante venait des résidents eux-mêmes et était comme souligné par la bonne volonté inachevée du personnel. Des hommes et femmes en blouse blanche allaient et venaient dans une lenteur presque pathologique. Chaque jour ils s’occupaient de ces corps à la fois vivants et la fois morts qu’on ne laissait plus hanter la vie active, loin dans ces grandes villes. Des médecins prescrivaient de nouveaux traitements, des psychologues écoutaient inlassablement, des infirmiers procuraient des soins et toute une série d’autre professions s’évertuait à lutter contre la fatalité pour un salaire de misère. Il y avait, dans ces locaux, des accidentés de la vie, des éternels enfants, des vieux que la mort ne supportait plus de voir vivre en bonne santé et, ceux qui portaient la maladie depuis leur naissance. Dans ce groupe, il y avait une femme installée sur un canapé vert. Agée d’une cinquantaine d’année, elle ne semblait pas tenir en place. Son corps était comme possédé et incapable de lui obéir. Assis à côté d’elle, son fils était lui parfaitement immobile, se contentant de remuer les lèvres de temps à autre. En regardant son visage quelques secondes, on pouvait aisément croire qu’il portait toute la peine du monde sur ses épaules tombantes. Quant à la malade, c’était l’inverse. Ses yeux brillaient, soulignés par ses pattes d’oie, son sourire était sincère et franc et son ton enjoué. Ses joues creusées était la seule chose que son gène défaillant avait réussi à altérer sur son beau visage d’italienne.

Ils restèrent là à parler pendant plus d’une heure et malgré toute la peine que Maxwell éprouvait, sa mère réussissait à le faire rire et sourire comme toujours depuis leur rencontre. Même si elle parvenait à illuminer son regard le temps de quelques secondes, il n’arrivait pas à profiter du moment, la fatalité hantait ses pensées. Comme si voir sa mère se mourir d’une façon aussi débilitante que lente n’était pas suffisant, il voyait en elle un miroir brisé qu’il avait peur de regarder. Chaque instant à ses côtés était douloureux et chaque instant loin d’elle l’était aussi mais, d’une autre façon. Depuis des années, un test l’attendait dont la réponse le terrifiait et dont la simple ombre lui ôtait toute rationalité. Il vivait chaque visite comme un sursis de trop et vivait dans l’angoisse brulante de ne plus jamais avoir à faire cette route. Ce fut elle qui le chassa au final, lui disant avec un clin d’œil que la prochaine fois, il avait intérêt à lui annoncer des petits enfants. Il quitta le bâtiment après s’être retourné plusieurs fois et une longue étreinte, craignant qu’elle soit la dernière.

Dehors, le vent s’était levé et chassait l’atmosphère lourde des journées trop ensoleillées. Ses pas le conduisirent mécaniquement jusqu’à sa voiture. Son regard était vide, beaucoup trop pris par ses propres pensées que pour porter un quelconque intérêt au monde autour de lui. Encore une fois, il lui avait proposé de venir vivre chez lui et, encore une fois elle lui avait répondu que ce n’était pas une vie pour un jeune homme de trente ans que de s’occuper d’une vieille dame sur le déclin. Jamais il ne se le pardonnerait si elle venait à rendre son dernier souffle dans cet endroit même s’il n’avait aucune responsabilité rationnelle. Mais, encore une fois, la faiblesse dans son cœur lui ôtait sa légendaire logique froide et implacable.

Alors qu’il était prêt à appuyer sur le petit bouton de sa clé et à faire clignoter les phares de sa voiture, il sentit comme une présence à ses côtés. Son instinct ne l’avait pas dupé, il y avait près de lui une femme dont les traits indiquaient une quarantaine d’années. Pourtant, le temps ne semblait pas avoir réussi à la faire faner. Son regarda glissa sur elle de haut en bas, non pas dans un but érotique mais, simplement parce que quelque chose en elle l’intriguait. Comme à son habitude, il ne savait pas mettre le doigt dessus. Peut-être était-ce son regard intense ou ses airs d’être sortie d’une toute autre époque. Qu’importe ! De toute façon il n’était pas d’humeur à faire des rencontres. Encore moins dans ce qui lui semblait l’antichambre d’un cimetière.

« Qu'est-ce que vous voulez ? »

Sa question était simple et brève. Son ton n’était ni sympathique ni agressif, plutôt désabusé, lassé. Son expression était parfaitement accordée et il avait tout l’air de quelqu’un qui ne voulait absolument pas être dérangé. Tout ce qu’il espérait maintenant c’était pouvoir rentrer chez lui sans qu’un autre être vivant ne vienne un peu plus noircir son tableau.

© Gasmask



_________________

I've seen what man can do when the devil lives inside you



Charney
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